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Température maximale bureau : code du travail, repères INRS et décret chaleur

Aucun texte français ne fixe de plafond de température au-delà duquel le travail de bureau doit s'arrêter. Voici les seuils exacts, leur fondement juridique et le tableau des actions à mener degré par degré.

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6 septembre 2026
publication
7 min
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La requête « température maximale bureau code du travail » revient à chaque vague de chaleur. La réponse tient en une phrase : aucun texte français ne fixe de plafond au-delà duquel le travail de bureau doit s'arrêter. L'employeur reste tenu d'une obligation générale de sécurité, au titre de l'article L4121-1. L'INRS (Institut national de recherche et de sécurité) publie des valeurs repères dépourvues de portée contraignante. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 impose, depuis le 1er juillet 2025, des mesures déclenchées par la vigilance météorologique.

À retenir :

  • Aucune température plafond ne figure dans le code du travail. L'INRS l'écrit : la réglementation ne prévoit aucune valeur « au-delà de laquelle il serait interdit de travailler ».
  • Les repères de l'INRS s'établissent à 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail physique. Ils n'ont aucune force obligatoire.
  • Depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 impose des mesures dès la vigilance jaune de Météo-France.
  • La recommandation R.226 de la CNAMTS demande l'évacuation des locaux climatisés dès 34 °C intérieurs, en cas de défaut prolongé du renouvellement de l'air.

Température maximale bureau, code du travail : aucun seuil chiffré n'existe

Le seul article qui traite de l'ambiance thermique des locaux est l'article R4223-13. Dans sa version en vigueur au 2 juin 2025, il dispose que « les locaux fermés affectés au travail sont, en toute saison, maintenus à une température adaptée compte tenu de l'activité des travailleurs ». Aucun chiffre n'y figure.

Jennifer Shettle, responsable du pôle informations juridiques à l'INRS, le confirme : « Le Code du travail ne fixe pas de température maximale au-delà de laquelle il est interdit de travailler. Aussi, l'évaluation des risques professionnels liés à la chaleur doit s'inscrire dans la démarche globale de prévention à l'initiative de l'employeur. »

Le droit de retrait (article L4131-1) autorise un salarié à quitter son poste face à un danger grave et imminent. Aucune valeur thermométrique ne le déclenche automatiquement : le juge apprécie au cas par cas la chaleur mesurée, l'activité exercée et les manquements de l'employeur, détaillés dans les obligations complètes de l'employeur.

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Les repères de l'INRS : 28 °C et 30 °C, sans portée contraignante

L'INRS retient deux valeurs pour orienter la prévention : « les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique peuvent être utilisées comme repères pour agir en prévention ». Un salarié assis produit peu de chaleur métabolique et supporte une ambiance plus chaude qu'un technicien en intervention. L'institut situe la zone de confort d'un bureau entre 21 et 23 °C en période hivernale et entre 23 et 26 °C en période estivale, puis nuance ses propres repères : « certaines situations de travail peuvent être dangereuses en-dessous de 28 °C ou maîtrisées au-delà de 30 °C ». L'humidité relative, le rayonnement solaire traversant les baies vitrées et la charge physique modifient l'astreinte thermique du poste.

Température maximale bureau : code du travail, INRS ou décret, quel texte s'applique ?

Les trois s'appliquent ensemble, avec des forces juridiques distinctes. Le code du travail porte l'obligation de sécurité (article L4121-1) et impose une température adaptée en toute saison (article R4223-13). Le décret 2025-482 rend des mesures obligatoires pendant un épisode de chaleur intense. Les repères de l'INRS servent d'étalon technique au juge et à l'inspection du travail.

Ce que le décret chaleur de 2025 déclenche, palier par palier

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 crée les articles R4463-1 à R4463-8 du code du travail, applicables depuis le 1er juillet 2025. Un arrêté du même jour fixe quatre niveaux de vigilance Météo-France : verte, jaune (pic de chaleur d'une à deux journées), orange (canicule) et rouge (canicule extrême). Entreprendre.service-public.fr précise qu'« un épisode de chaleur intense correspond à l'atteinte du seuil des niveaux de vigilance jaune, orange ou rouge ». C'est donc la carte de vigilance qui ouvre les obligations, quelle que soit la valeur lue sur le thermomètre du plateau.

L'article R4463-3 énumère les mesures exigibles. Les six qui concernent un plateau de bureaux :

  1. Procédés de travail. Privilégier ceux qui réduisent l'exposition à la chaleur.
  2. Aménagement des locaux. Modifier l'agencement des lieux et des postes.
  3. Organisation et horaires. Limiter la durée d'exposition, prévoir des périodes de repos.
  4. Moyens techniques. Pare-soleil, ventilateurs et brumisateurs contre le rayonnement solaire.
  5. Eau potable fraîche. L'article R4225-2 impose de mettre à disposition « de l'eau potable et fraîche pour leur permettre de se désaltérer et de se rafraîchir ».
  6. Information et formation. Conduite à tenir par forte chaleur et usage des équipements.

Le risque chaleur doit également figurer au DUERP (document unique d'évaluation des risques professionnels).

Thermomètre et thermostat muraux dans un bureau ensoleillé en période de forte chaleur

Température maximale bureau, code du travail : le tableau des actions

Situation mesurée au bureauAction attendueFondement
23 à 26 °CZone de confort estivale, aucune mesure spécifiqueRepères INRS
Au-delà de 26 °COccultation des baies, ventilation, surveillance des postesArticle R4223-13
30 °C en poste sédentairePrévention formalisée, pauses, eau fraîche près des postesRepère INRS, article R4225-2
Vigilance jaune, orange ou rougeÉvaluation des risques, adaptation des horaires, informationArticles R4463-1 à R4463-8
34 °C en local climatisé, air non renouveléÉvacuation des locauxRecommandation R.226 CNAMTS

Santé publique France attribue plus de 5 700 décès à l'exposition à la chaleur sur la période de surveillance de l'été 2025, soit plus de 3 % de la mortalité toutes causes, et plus de 12 % pendant les seuls épisodes de canicule. L'agence recense 9 accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur, notifiés par la Direction générale du travail, et compte 69 départements touchés, soit 80 % de la population. Le même bilan situe l'été 2025 au 3e rang des étés les plus chauds depuis 1900, avec 1,9 °C au-dessus de la normale 1991-2020 mesurée par Météo-France. Quand un plateau dépasse durablement le repère de 30 °C, l'occultation et la ventilation naturelle ne le ramènent plus dans la zone de confort de 23 à 26 °C ; équiper durablement les bureaux devient alors la réponse.

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Conclusion

Aucun plafond chiffré n'encadre la température maximale bureau code du travail. L'obligation de sécurité de l'article L4121-1, la température adaptée en toute saison de l'article R4223-13 et les mesures du décret 2025-482 forment le cadre applicable. Les 30 °C de l'INRS pour un poste assis restent le repère à surveiller, les 34 °C de la recommandation R.226 le seuil d'évacuation en local climatisé hors service. Documentez vos relevés, inscrivez le risque au DUERP, puis traitez la cause thermique du bâtiment.

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