L'été 2025 a été le troisième plus chaud enregistré en France depuis 1900, avec une anomalie de +1,9 °C par rapport à la normale 1991-2020, selon Santé publique France : 69 départements ont connu au moins une canicule, soit 80 % de la population. Pour un dirigeant de PME dont les plateaux dépassent 30 °C plusieurs semaines par an, la question « canicule au travail, obligations employeur » a changé de statut le 1er juillet 2025. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 impose une évaluation du risque chaleur et des mesures matérielles vérifiables par l'inspection du travail.
À retenir :
- Canicule au travail, obligations employeur : depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 impose d'évaluer le risque chaleur, de l'inscrire au DUERP (document unique d'évaluation des risques professionnels) et d'agir dès la vigilance jaune de Météo-France.
- L'INRS (Institut national de recherche et de sécurité) retient 30 °C en poste sédentaire et 28 °C en travail physique. Le Code du travail ne fixe aucune température maximale.
- Santé publique France attribue 5 722 décès à la chaleur entre le 1er juin et le 15 septembre 2025, dont 1 918 pendant les canicules.
- Allianz Trade : « une journée de chaleur extrême (supérieure à 32 °C) équivaut à une demi-journée de grève ». L'assureur chiffrait en juillet 2025 à 0,3 point de PIB l'impact des vagues de chaleur sur l'économie française.
Température maximale au bureau : le Code du travail n'en fixe aucune
Le Code du travail ne prévoit aucune température au-delà de laquelle le travail s'arrête automatiquement, confirme le Code du travail numérique du ministère chargé du Travail. La question « canicule au travail, obligations employeur » commence donc par une réponse négative, puis se déplace vers une obligation de résultat. L'article L4121-1 oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
L'absence de seuil chiffré ne réduit pas la responsabilité du dirigeant. Elle déplace la preuve vers l'évaluation des risques et vers les mesures effectivement mises en place. Lorsque celles-ci ne suffisent plus à garantir la sécurité, certaines activités peuvent être suspendues.
Canicule au travail, obligations employeur : le décret 2025-482 en trois devoirs
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 s'applique depuis le 1er juillet 2025 et structure la prévention en trois devoirs.
L'évaluation. L'employeur évalue les risques liés à l'exposition à la chaleur, en intérieur comme en extérieur, et transcrit le résultat au DUERP. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, les mesures alimentent aussi le Papripact (programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail).
Le plan d'action. Le service public Entreprendre détaille les mesures mobilisables : aménagement des lieux et des postes, adaptation des horaires avec périodes de repos, moyens techniques contre le rayonnement solaire et l'accumulation de chaleur, augmentation de l'eau potable fraîche, équipements de protection individuelle, information et formation des salariés.
Le déclenchement. Un épisode de chaleur intense correspond à l'atteinte du seuil de vigilance jaune, orange ou rouge de Météo-France, selon l'arrêté du 27 mai 2025 : pic de chaleur de 1 à 2 jours en jaune, canicule en orange, canicule extrême en rouge. Le plan s'active sur la vigilance publiée, avant même le relevé de température intérieure. En cas de manquement, l'inspecteur du travail peut mettre l'employeur en demeure.
Les seuils INRS : 28 °C en travail physique, 30 °C en poste sédentaire
L'INRS publie deux repères de prévention : 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique. L'institut précise que la réglementation ne fixe aucune température déclenchant l'action, et que certaines situations restent dangereuses en dessous de 28 °C ou maîtrisées au-delà de 30 °C, selon l'humidité, les déplacements d'air, le rayonnement solaire et la charge physique.
En bureau, l'effet précède le malaise : la chaleur provoque une baisse de la vigilance et un allongement des temps de réaction, deux facteurs d'accident documentés par l'INRS dans sa brochure ED 6371. Quatre repères structurent la décision d'un dirigeant.
| Situation | Repère | Conséquence |
|---|
| Poste sédentaire, bureau | 30 °C | Repère INRS : pauses, ventilation, aménagement |
| Travail physique, atelier | 28 °C | Repère abaissé par la charge physique |
| Vigilance jaune | Pic de chaleur, 1 à 2 jours | Épisode de chaleur intense au sens du décret |
| Vigilance orange ou rouge | Canicule, canicule extrême | Arrêts de chantier indemnisés dans le BTP |
Droit de retrait : les cinq critères qui le rendent opposable
Sur le terrain, canicule au travail, obligations employeur et droit de retrait se croisent à ce point précis. Le droit de retrait suppose un motif raisonnable de penser que la situation de travail présente un danger grave et imminent. Les fortes chaleurs ne l'ouvrent pas à elles seules, rappelle le Code du travail numérique. L'appréciation se fait au cas par cas, sur cinq critères.
- L'intensité de la chaleur. Un relevé intérieur horodaté pèse davantage qu'une impression, surtout au-delà des repères INRS.
- La nature du travail effectué. Un poste sédentaire et un poste de manutention appellent une analyse différente à température égale.
- L'état de santé du salarié. Âge, pathologies, traitements et grossesse modifient la tolérance thermique.
- La durée d'exposition. Une journée entière sans zone de repli rafraîchie diffère de deux heures ponctuelles.
- Les mesures de prévention en place. Eau fraîche, ventilation, horaires décalés et local rafraîchi réduisent la portée d'un retrait.
Un employeur qui documente ces cinq points dans son DUERP se met en position de démontrer que le danger grave et imminent n'est pas constitué. Santé publique France a recensé 9 accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur durant l'été 2025, chez des personnes âgées de 35 à 63 ans.

La climatisation réversible de bureau, chiffrée par salarié et par été
Prenons un plateau de 300 m² occupé par 25 personnes, exposé au sud, sans protection solaire extérieure. Aucun barème public ne consolide les prix de la climatisation tertiaire. Les tarifs relevés en 2026 chez les installateurs spécialisés situent l'équipement entre 60 et 120 € HT par m² installé, matériel et pose compris, selon la hauteur sous plafond, la longueur des liaisons frigorifiques et le mode de diffusion. À 90 € HT le m², une PAC air-air réversible (pompe à chaleur qui rafraîchit l'été et chauffe l'hiver avec le même appareil) revient à 27 000 € HT. Amortie comptablement sur dix ans, elle pèse 2 700 € par an, soit 108 € par salarié et par an.
Le prix d'une climatisation réversible poste par poste sépare l'unité extérieure, les liaisons, les unités intérieures et la mise en service. Sur un plateau ouvert, l'arbitrage se joue entre le multisplit et le DRV (débit de réfrigérant variable), architecture à unité extérieure unique alimentant plusieurs unités intérieures modulées. Le comparatif figure dans notre dossier sur la climatisation de bureaux en entreprise.
Le calcul de la PME : canicule au travail, obligations employeur et journées perdues
Santé publique France relève une durée moyenne de canicule de 7,6 jours par département concerné en 2025. Allianz Trade pose de son côté l'équivalence suivante : « une journée de chaleur extrême (supérieure à 32 °C) équivaut à une demi-journée de grève ». Appliquée à ces 7,6 jours, elle donne 3,8 journées de production perdues par salarié et par été. Au coût horaire du travail dans les services marchands, 44,2 € en 2025 selon l'Insee d'après Eurostat, 3,8 journées de sept heures représentent 1 176 € par salarié. Face aux 108 € d'équipement amorti calculés plus haut, l'écart est de près de onze pour un. Sur le plateau entier, la perte annualisée atteint 29 400 €, davantage que les 27 000 € d'investissement non récurrent. Patrick Martin, président du Medef, résumait la situation en juin 2026 : « La France tourne au ralenti. »
Ce calcul repose sur deux hypothèses explicites : que les jours de canicule au sens de Santé publique France se comportent comme les journées au-dessus de 32 °C mesurées par Allianz Trade, et que la chaleur soit le facteur limitant de l'activité sur ces journées. Un plateau déjà équipé de stores extérieurs, ventilé la nuit et doté d'une inertie lourde perd moins. L'audit préalable mesure cet écart avant l'engagement de la dépense.
Aides, amortissement et règle des 26 °C
Le financement est la dernière pièce du dossier canicule au travail, obligations employeur. Les CEE (certificats d'économies d'énergie) financent l'économie d'énergie, ce qui exclut un équipement posé pour le seul confort d'été. Le levier passe par la réversibilité : une pompe à chaleur qui remplace un système de chauffage existant relève des fiches d'opération standardisée du tertiaire, préfixées BAT-TH et répertoriées sur le calculateur CEE de l'ADEME. Le montant dépend de l'équipement remplacé, de la puissance et de la zone climatique, sous réserve des conditions d'éligibilité en vigueur. Le détail figure dans notre analyse des primes CEE pour une pompe à chaleur tertiaire.
L'usage reste encadré. En été, il est demandé aux entreprises de limiter le recours à la climatisation à une température minimale de 26 °C, rappelle l'INRS, qui situe le confort thermique d'un poste de bureau entre 23 et 26 °C en période estivale. Cette limite plafonne la consommation et rend l'amortissement plus favorable, puisque l'appareil tourne uniquement sur les journées réellement chaudes.
FAQ : chaleur au bureau et responsabilité de l'employeur
Canicule au travail, obligations employeur : que risque un dirigeant qui ne fait rien ?
L'inspecteur du travail peut mettre l'employeur en demeure de se conformer à ses obligations, pour absence d'évaluation du risque chaleur ou de mesures adaptées, selon le Code du travail numérique. L'article L4121-1 fonde l'obligation de sécurité : un accident survenu sans prévention documentée expose l'entreprise à une action pour manquement. L'inscription du risque au DUERP constitue la première preuve opposable.
Canicule au travail, obligations employeur : la climatisation est-elle imposée ?
Non. Le décret n° 2025-482 énumère des mesures mobilisables, dont l'aménagement des locaux et les moyens techniques limitant l'accumulation de chaleur, sans imposer un équipement précis. La climatisation figure parmi les réponses pertinentes, aux côtés des pare-soleil, de la ventilation nocturne et de l'adaptation des horaires. L'obligation porte sur le résultat, une température compatible avec la santé des salariés. Le choix de la technologie reste à l'employeur.
Un salarié peut-il refuser de travailler à 33 °C dans un bureau ?
Pas automatiquement. Le droit de retrait suppose un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent, précise le Code du travail numérique. Les fortes chaleurs seules ne l'ouvrent pas. L'appréciation tient compte de l'intensité de la chaleur, de la nature du travail, de l'état de santé, de la durée d'exposition et des mesures en place. Un bureau à 33 °C privé d'eau fraîche et de ventilation modifie l'analyse.
Le risque chaleur doit-il figurer dans le document unique chaque année ?
Le risque lié aux fortes chaleurs doit être intégré au document unique d'évaluation des risques professionnels, indique le service public Entreprendre. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, les mesures alimentent également le Papripact. Une révision avant chaque saison estivale sécurise le dossier, puisque l'exposition évolue avec l'aménagement des plateaux et les effectifs.
Comment Vertena équipe les PME contre la chaleur de bureau
Vertena pose en propre, sans intermédiation. Artisan certifié RGE Qualibat et label NF PAC, l'entreprise a installé 218 pompes à chaleur sur le mois en cours, ouvre 47 chantiers par semaine et couvre 12 régions, depuis 2019.
Audit et dimensionnement. Visite sous 7 jours, relevé des apports solaires, de l'inertie du bâti et des effectifs par plateau, puis devis poste par poste sous 48 heures.
Pose. 1 à 3 jours de chantier après validation, sur matériels Daikin, Mitsubishi Electric, Atlantic, Viessmann ou Panasonic, sous garantie décennale.
Dossier d'aides. Montage complet du dossier CEE, avec le rappel des conditions d'éligibilité et de la date de version des barèmes.
Pour chiffrer votre plateau, demandez un devis sous 48 heures : la réponse détaille le coût par m², la puissance retenue et le montant CEE mobilisable.
Conclusion
Le sujet a basculé le 1er juillet 2025. La chaleur au bureau relevait auparavant du confort et de la négociation interne ; elle relève désormais d'une obligation documentée et contrôlable, adossée aux seuils de vigilance de Météo-France. Les repères INRS de 28 °C et 30 °C donnent le point de bascule technique, et l'inspection du travail dispose du pouvoir de mise en demeure.
Sur le plateau de 300 m² pris en exemple, 108 € par salarié et par an d'équipement amorti font face à 1 176 € de production perdue, valorisée au coût horaire Insee 2025. Traiter canicule au travail, obligations employeur et équipement dans le même mouvement transforme une contrainte réglementaire en investissement réversible, utile l'hiver comme l'été.
À lire également :
Sources :
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 : Légifrance, Journal officiel, 2025.
- Chaleur : quelles obligations pour l'employeur ? : Service Public Entreprendre, 2026.
- Canicule au travail : les obligations de l'employeur : Code du travail numérique, 2026.
- Travail à la chaleur : INRS, 2026.
- Chaleur et santé, bilan de l'été 2025 : Santé publique France, 2026.
- Le coût économique des vagues de chaleur : Allianz Trade, 2025.
- Article L4121-1 du Code du travail : Légifrance, 2017.
- Confort thermique dans les bureaux et sobriété énergétique : INRS, 2026.
- Coût horaire du travail selon l'activité : Insee d'après Eurostat, 2026.