Évolution historique
Quinze ans de prix de l'énergie en France.
Pour bien projeter vos économies futures, il faut regarder dans le rétroviseur. Voici la trajectoire des principales énergies de chauffage sur les quinze dernières années, à partir des données publiques de la CRE Commission de régulation de l'énergie, de l'INSEE et de la base Pégase du Ministère de la Transition écologique.
Le tarif réglementé de vente de l'électricité, dit tarif bleu, a suivi la pente suivante : 0,12 €/kWh en 2010, 0,14 €/kWh en 2015, 0,16 €/kWh en 2020, 0,17 €/kWh en 2022 (année du bouclier tarifaire mis en place pour amortir la crise des prix de gros), 0,21 €/kWh en 2024 après rattrapage post-bouclier, et 0,22 €/kWh en 2026 sur l'option base du compteur 6 kVA. Sur seize ans, la hausse cumulée approche 83 %, soit une progression annuelle moyenne de 3,9 %.
Le gaz naturel résidentiel suit une dynamique encore plus marquée, en partie liée à l'exposition au marché spot européen depuis la fin des tarifs réglementés en juillet 2023. Le prix moyen B2I (chauffage) ressortait à 0,06 €/kWh PCS en 2010, à 0,08 €/kWh en 2015, à 0,09 €/kWh en 2020, à 0,12 €/kWh en 2022 (lissé par le bouclier), à 0,11 €/kWh en 2024 et à 0,11 €/kWh en 2026. La sortie progressive du gaz fossile dans le mix énergétique français, combinée aux quotas carbone, plaide pour une trajectoire haussière à moyen terme.
Le fioul domestique reste l'énergie dont la volatilité est la plus forte, indexée sur le prix du baril de Brent et la parité euro dollar. Le litre TTC est passé de 0,90 € en 2010 à 1,02 € en 2015, 0,90 € en 2020 (effondrement Covid), 1,42 € en 2022 (choc Ukraine), 1,15 € en 2024 et 1,18 € en 2026. À cela s'ajoute la suppression progressive de la chaudière fioul neuve depuis le décret n° 2022-8 du 5 janvier 2022, qui accélère la raréfaction des installateurs et tend à renchérir l'entretien.
Pris ensemble, les vecteurs énergétiques de chauffage ont progressé en moyenne de 3,2 % par an sur la période 2010 à 2026, contre 1,8 % d'inflation générale (indice des prix à la consommation INSEE). En d'autres termes, l'énergie a renchéri 1,8 fois plus vite que le panier moyen des ménages français. Cette divergence justifie pleinement la prise en compte d'une inflation énergétique différenciée dans tout calcul d'amortissement d'équipement.